Aidant, attention au surmenage !

Aidant, attention au surmenage !

Selon de nombreuses études, le stress peut prendre une ampleur dramatique dans les soins prodigués aux personnes âgées.

Une personne se réveille le matin, épuisée après une nuit de sommeil agité, et se sent immédiatement accablée.

Ce matin, elle a ce compte-rendu de travail qu’elle n’a pas eu le temps de préparer, cet après-midi l’entraînement de football de son fils, et une réunion d’école ce soir.

En outre, elle s’occupe d’un parent âgé. Cela implique qu’elle doit trouver du temps pour sa mère de 84 ans qui vit seule chez elle. Sa mère ne peut plus conduire, ni atteindre un placard pour en sortir un paquet de céréales, ni même voir assez bien pour prendre correctement ses doses de médicaments. Et aujourd’hui, tout comme hier, il n’y a pas assez de réponses au fait que sa maman n’est plus apte à entreprendre les gestes du quotidien qui paraissent cependant normaux.

Cette situation est la réalité d’un aidant familial. De nouvelles études et interviews réalisées auprès d’aidants de longue durée révèlent bien souvent une augmentation significative du stress.

Des études menées auprès des familles d’aidants montrent que :

  • Plus des trois quarts (environ 77%) des personnes interrogées rapportent qu’elles ont besoin d’être soulagées
  • 90 % affirment avoir des moments d’anxiété et de colère
  • 77 % relatent qu’aider un proche prend le pas sur leur vie de famille
  • 56% ont tendance à être de plus en plus souvent malades.

« Chaque jour nous rencontrons ces familles d’aidant qui aiment et souhaitent le meilleur pour leurs proches âgés, mais qui ne savent plus comment y arriver. Pour toutes ces personnes, vivre dans une situation de stress est malheureusement devenu une habitude ! »

Guillaume Staub, Président d’Amelis

Jacqueline, cadre dans la banque, a dû faire face à une situation de ce type. Son témoignage donne un éclairage particulier sur la situation réelle des aidants :

« C’est devenu une véritable source de stress quand ma mère a perdu la mémoire et qu’elle ne pouvait plus entreprendre aucune activité quotidienne sans assistance. Mon père n’était pas capable de s’en occuper. Cela m’a perturbée et a eu des conséquences dans mon travail. J’avais des insomnies et négligeais même ma propre santé. Pour un temps, j’ai été soignée pour dépression. »

Les choses se sont arrangées depuis que Jacqueline a fait appel aux aidants d’Amélis pour s’occuper de son père pendant ses heures de travail.

Mais en dépit de ce challenge, elle croit que la joie procurée de s’occuper d’un parent âgé aide à contre-balancer le poids du stress. « J’étais heureuse et fière d’être capable de m’occuper de ma famille. » confie-t-elle.

Cet exemple illustre combien l’importance d’une aide professionnelle est extrêmement salutaire pour  l’équilibre et le bien être de toute une famille. C’est la clef essentielle pour préserver la santé de l’aidant et la qualité de son environnement familial.

D’autant que les évolutions sociodémographiques complexifient toujours un peu plus la situation : l’allongement de la vie permettant de faire coexister pour la première fois quatre générations, le fait que les enfants quittent de plus en plus tard le domicile des parents, la forte croissance des familles monoparentales, le travail des femmes, la précarisation des situations d’emplois, autant de facteurs qui rendent parfois impossible la solution de l’aidant familial.

« Cette génération de personnes âgées vit plus longtemps et leurs enfants aidants élèvent déjà eux-mêmes leur propre famille. Ils ne sont pas préparés aux besoins de leurs parents vieillissants et la dynamique entre un enfant adulte et un parent âgé n’est pas des moins complexes »

Patricia Volland, MSW MBA, vice-présidente de l’Académie de médecine de New York

Dans un souci de mieux préparer et  de former les aidants, Patricia Volland et son équipe ont réalisé une étude intitulée « Etreintes entre enfants et parents : une enquête sur la génération « femme sandwich ».

Le sondage, qui répertorie les femmes de 35 à 54 ans, montre que 60 % de celles  qui ont à leur charge un parent vieillissant et en mauvaise santé ont des difficultés à gérer le stress, en comparaison au 48% des femmes restantes non affectées par cette réalité.

Les femmes concernées par un parent vieillissant étaient vraisemblablement trois fois plus affectées et inquiètes de n’avoir pas assez de temps à consacrer à leur famille, en comparaison au 12% de celles qui n’en n’avaient pas la charge.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *