Aidant familial : un engagement à prendre très au sérieux

Aidant familial : son rôle au quotidien et ses droits

En France, 11 millions de personnes aident un proche dépendant ou malade au quotidien. Un chiffre en constante augmentation. Le rôle d’aidant est source de difficultés sanitaires, personnelles et professionnelles. Accompagner un proche en perte d’autonomie exige de mesurer la charge de travail et le temps imparti à ce rôle. Une réflexion approfondie est nécessaire pour s’engager sereinement. Quels sont le rôle, le statut et les droits de l’aidant familial ?

Qu’est-ce qu’un aidant familial ?

Selon la loi du 28 décembre 2015 sur l’Adaptation de la Société au Vieillissement, l’aidant est « toute personne qui intervient de manière régulière et fréquente, à titre non-professionnel, pour accomplir tout ou partie des actes ou des activités de la vie quotidienne » dans la vie d’un proche dépendant. En 2019, un Français sur 5 est un aidant, fournissant une aide occasionnelle ou régulière pour effectuer des tâches domestiques et administratives.

Qui sont les aidants familiaux ?

  • 57% sont des femmes
  • 81% ont moins de 65 ans, et 44% moins de 50 ans
  • 61% travaillent, dont 53% sont salariés
  • Un tiers est même multi-aidant, venant en aide à plusieurs personnes
  • 86% aident un membre de leur famille, 40% un de leurs parents
  • Un aidant sur 4 passe au moins 20 heures par semaine avec leur proche en plus de leur profession
  • Plus d’un tiers n’a aucune aide extérieure, y compris quand l’aidant lui-même est âgé
  • 54% ignorent qu’ils sont aidants, leur statut et leurs droits
Chiffres des aidants - Baromètre 2019
Chiffres clés des aidants 2019 – Fondation April

La population vieillissant, un nombre croissant de personnes aura besoin d’aidants: en 2015, les personnes dépendantes étaient 1,4 million. Elles seront 2,3 millions en 2060. Les aidants permettent une économie de plus de 11 milliards d’€ par an, et ils contribuent au bon fonctionnement du système de santé.

Pourtant, beaucoup d’aidants ne considèrent toujours pas leur rôle comme tel, car il apparaît naturel.

Aidant familial : un rôle difficile à assumer au quotidien

Pour préserver l’autonomie à domicile de son proche, le rôle de l’aidant familial exige de s’acquitter des tâches quotidiennes comme le ménage et les courses, la toilette et les repas, mais aussi de soins de santé, la prise de rendez-vous médicaux et de gérer des formalités administratives. On y ajoute la gestion du placement dans un centre de soins ou une maison de retraite le moment venu. Pour les aidants, leur rôle devient une priorité, avec de lourdes conséquences sur leur vie.

8 aidants sur 10 reconnaissent éprouver des difficultés à concilier ce rôle avec leur travail, et pour près de la moitié avec leur vie de famille et leur vie sociale. La contribution financière de l’aidant au bien-être de son proche n’est pas négligeable : il consacre plus de 2000€ par an à des frais d’amélioration des conditions de vie (aide et aménagement du domicile, transport, frais de santé…).

Leur santé en pâtit : 38% évoquent le stress, plus d’un tiers des aidants dort mal et éprouve des douleurs physiques. 31% délaissent leur propre santé et un quart reportent leurs soins.

Les aidants ont aussi du mal à communiquer avec leurs proches pour faire comprendre les obstacles quotidiens à surmonter, leur moindre disponibilité, et demander de l’aide. En résulte un isolement compliquant la vie de l’aidant. Dans la vie professionnelle, devenir aidant familial est source de difficultés : peu souhaitent en faire part à leur hiérarchie, par souci de discrétion et de répercussion négative sur leur évolution professionnelle. Parmi celles-ci : stress et fatigue causant une perte de concentration, baisse d’efficacité et crainte de perdre son emploi, perte de salaire en raison de congés sans solde.

Précarité professionnelle aidants - Baromètre 2019
Chiffres clés des aidants 2019 – Fondation April

Pourtant, révéler sa situation aux ressources humaines, faire aménager son temps de travail et parler de ses difficultés à ses collègues proches, peut-être eux-mêmes concernés, peut alléger la souffrance psychique de l’aidant familial. Une meilleure reconnaissance des difficultés peut même contribuer à développer une plus grande efficacité, prise de recul, écoute et empathie au travail.

Quels sont les droits des aidants ?

26% des aidants déplorent la complexité administrative de leur situation, et 57% souhaitent une meilleure coordination des acteurs concernés. Compte tenu de cette situation, les droits des aidants se renforcent.

– Une rémunération ou compensation financière pour remplacer le montant de salaire perdu lorsque l’aidant familial sacrifie une partie de son travail pour s’occuper de son proche.
Si l’aidé perçoit une Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA, versée aux dépendants de plus de 60 ans) ou une Prestation de Compensation du Handicap (PCH), une compensation est possible, même en Congé de Proche Aidant. Ce n’est toutefois pas applicable si l’aidant est le conjoint, concubin ou partenaire de PACS. Ce dédommagement s’accompagne d’une réduction d’impôt et d’une exonération de cotisations sociales sous certaines conditions.

Quand l’aidant est le conjoint, le parent ou l’enfant de l’aidé, le salarier est possible s’il s’occupe d’une personne en grande dépendance. Rappelons qu’une personne ayant des ressources suffisantes bénéficie d’une exonération de cotisations sociales et d’une réduction d’impôts pour salarier un aidant. Si on ne peut le faire, une compensation mensuelle plafonnée est envisageable. Cumuler salaire et dédommagement est possible si l’aidant continue de travailler à temps partiel, ou s’il reçoit un salaire et une compensation de l’aidé. Enfin, sous conditions, l’aidant peut obtenir des droits au chômage.

– Congé du proche aidant : l’aidant familial ayant un an d’ancienneté dans l’entreprise peut temporairement cesser de travailler pour s’occuper d’une personne dépendante, ascendant ou descendant ou personne avec laquelle il réside, en couple ou non. La durée est fixée par convention ou accord collectif, ou en son absence, à 3 mois. Il peut être renouvelé mais ne dépassera pas un an sur la carrière de l’aidant. Si la situation s’y prête, le congé peut être fractionné à sa demande. Il est compatible avec une compensation ou un salaire quand l’aidé perçoit l’APA ou la PCH.

– Droit à la formation : l’aidant n’est pas un auxiliaire de vie ou une infirmière qualifiée. Il peut bénéficier d’une formation pour s’occuper de son proche. L’Association Française des Aidants propose une formation en ligne pour guider les aidants dans la vie quotidienne avec leur proche et trouver des solutions à leurs problèmes. Ses thèmes sont la maladie et le handicap d’un proche, la situation d’aidant, la relation à l’aidé, dialoguer avec les professionnels, concilier aide et vie de l’aidant, gérer le quotidien avec l’aidé.

– Droit au répit de l’aidant : un aidant ne se substitue pas aux professionnels, et il n’est pas obligé d’aider. La loi sur l’Adaptation de la Société au Vieillissement de 2015 prévoit un droit au répit des aidants. Elle leur permet de prendre soin de leur santé, de se reposer et du temps libre en confiant leur proche à des personnes de confiance. Le répit comprend des solutions pour l’aidant comme pour l’aidé. Elles consistent en un accueil de l’aidé en structure extérieure, une assistance à domicile et l’aménagement de périodes hors de leur contexte quotidien (vacances). L’Assurance Maladie, les mutuelles et des aides spécifiques peuvent partiellement financer le répit de l’aidant.

Les avancées sur la reconnaissance des aidants familiaux en 2019

Une loi favorisant la reconnaissance des proches aidants a été promulguée en mai 2019 et vise à faciliter la vie professionnelle et personnelle ainsi que le relais des professionnels médico-sociaux. Le thème doit faire partie des négociations collectives de branches. La loi couvre des dispositifs de financement par la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie. Les aidants voient leur statut mentionné sur le dossier médical partagé de l’aidé. Cette loi devrait être renforcée par la loi Autonomie et Grand Age prévue à l’automne 2019.

Un congé du proche aidant financé par la Sécurité Sociale et rémunéré autour de 40 euros par jour sera également proposé par le Ministère des Solidarités et de la Santé. Son lancement est programmé en 2020. Ce congé visera à compenser le manque actuel de rémunération du Congé de Proche Aidant. Le sujet de la retraite des aidants devra aussi être débattu dans le cadre de la réforme des retraites, avec l’objectif d’avancer sur des « droits contributifs à la retraite » des aidants.

Enfin, le statut d’aidant est encore trop peu reconnu. Des personnes et des collectifs se battent pour sa reconnaissance dans la variété des situations qu’il recouvre. Leur objectif est d’améliorer le soutien aux aidants, avec un accent mis sur leur santé et la lutte contre leurs difficultés professionnelles et la précarisation.

Dans le secteur privé, des structures d’aide à domicile professionnelles viennent aussi prendre le relai des aidants en accompagnant leur proche dans les actes de la vie quotidienne. Des auxiliaires de vie diplômées se rendent au domicile des personnes âgées ou en situation de handicap pour leur apporter un soutien tant physique que moral. Le recours à de telles structures permet aux aidants de profiter pleinement de leur droit au répit, en s’adonnant à leurs loisirs et en profitant de leur proche autrement que par le spectre de la dépendance.

2 Commentaires

  • Bonjour,
    J’ai 70 ans, à la retraite depuis 2015, diagnostiquée Parkinson à un stade avancé, ce qui ne m’a pas empêché de prendre la décision de rapatrier mon père à mon domicile (âgé de 105 ans) le Samedi 7/12/2019. Cela se passe trop mal à l’EHPAD ou il a été placé depuis 2017.
    J’ai une Auxiliaire de Vie depuis 2 mois, enregistrée au CESU (Service des URSSAF) avec n° d’identification. Aucune reconnaissance par le CESU de mon N° et mot de passe, aucune possibilité de déclarer les heures travaillées.
    Le problème est que je vais devoir également déclarer mon père avec la même Auxiliaire de Vie, sous un autre N°. L’accès à ce site semble bien compliqué, leurs réponses ne sont pas concluantes … Que faire … Cdt

    • Bonjour Madame,

      Si vous cherchez une alternative plus flexible, je vous propose de visiter notre site internet en cliquant ici. Nous proposons des services d’aide à domicile avec des auxiliaires de vie qualifiées et nous pouvons vous apporter une solution sur mesure et adaptée à vos besoins, à vous comme pour votre père.

      N’hésitez pas à rentrer en contact avec une de nos agences, qui pourra vous renseigner et vous apporter toute l’aide nécessaire.

      Bien cordialement,

      L’équipe Amelis

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