aidants chiffres 2018

La situation des aidants familiaux en France en 2018

Près de 11 millions d’aidants en France apportent quotidiennement leur aide à un proche en perte d’autonomie, un chiffre dont la tendance est en hausse. Souvent confrontés au stress et à la fatigue, les aidants doivent gérer des situations parfois compliquées en parallèle de leur vie familiale et professionnelle : les risques de maladies chroniques s’en trouvent multipliés. Malgré les évolutions et aides mises en place autour de ce statut, l’allongement de la durée de vie des Français impose de trouver des alternatives et des solutions concrètes d’accompagnement. Voyons en détail la situation actuelle des aidants.

Le profil des 11 millions d’aidants en France

Être aidant se définit par le fait de venir en aide chaque jour à un proche dépendant ou malade. Leur rôle est aujourd’hui reconnu par l’État, et bien que la communication autour du sujet progresse, plus de 2/3 des aidants ignorent encore leur statut.

Quelle nuance fait-on entre un aidant, et un proche qui aide de temps à autre un parent ou un ami ? On parlera d’aidant dès lors que la personne concernée (un membre de la famille dans 80% des cas) accompagne régulièrement un proche, de manière suffisamment investie, dans les gestes essentiels du quotidien. Les aidés sont 67% à vivre à leur domicile, 14% chez l’aidant (une situation en nette diminution) et près de 20% en structure spécialisée.

Bien que des aides financières et divers soutiens existent, il reste difficile pour les aidants de tout concilier. Parmi eux, on trouve une majorité de femmes actives de moins de 50 ans, qui aident un membre de leur famille. Celui-ci est généralement en perte d’autonomie du fait de son âge, une situation de plus en plus fréquemment rencontrée.

chiffres aidants 2018 fondation april
Source : Fondation APRIL – Baromètre des aidants 2018

Impact des évolutions démographiques

Avec l’allongement de la durée de vie, les aidants seront d’autant plus nombreux dans les prochaines années. Ce vieillissement de la population entraîne inévitablement un besoin de solutions pérennes pour accompagner et limiter la perte d’autonomie.

Depuis une quinzaine d’années, cette notion d’aidant évolue et gagne en visibilité. On constate le développement d’une offre variée de services et d’aides, même si les initiatives envers ce statut doivent continuer à s’étendre, pour répondre aux millions d’aidants en France.

La situation des aidants est mieux prise en compte depuis la récente loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement, qui a été suivie de la reconnaissance officielle du statut d’aidant et des premières mesures concernant le droit au répit. Le « congé proche aidant », et les aménagements mis en place depuis, permettent aux aidants actuels de bénéficier de plus de temps pour s’occuper d’un proche dépendant (notamment avec le don de RTT en entreprise).

Un rôle encore difficile à assumer

Pour soutenir un proche devenu incapable de réaliser certains gestes de la vie quotidienne, l’aidant est amené à s’occuper de multiples tâches :

  • Favoriser la vie sociale de l’aidé : échanger, partager des moments avec lui, l’emmener faire des activités, etc.
  • Coordonner les soins avec le kinésithérapeute, l’infirmier, laide à domicile et autres intervenants,
  • Gestion de l’administratif.

La principale difficulté mise en avant par les aidants reste le manque de reconnaissance sociale : 82% d’entre eux ne se sentent pas soutenus et ont la sensation de subir leur situation.
Un constat qui amène à des cas fréquents de surmenage et de problèmes de santé récurrents : plus de 30% des aidants ont tendance à mettre leur santé de côté. Des adaptations sont aujourd’hui nécessaires pour répondre au stress, à l’anxiété ou aux douleurs physiques, les problèmes les plus couramment rencontrés chez les aidants.

santé des aidants 2018
Source : Fondation APRIL – Baromètre des aidants 2018

Quelles sont les solutions ?

Quelques jours de congé, un restaurant, une sortie entre amis… Des occupations que l’on a tendance à laisser de côté lorsque l’on doit assister un proche. Ces moments sont pourtant indispensables à un bon équilibre de vie, d’où l’utilité de mettre en place des solutions de répit.

En 2015, la loi d’Adaptation de la Société au Vieillissement a officialisé un droit au répit dédiés aux proches aidants, dès lors qu’ils s’occupent de personnes dépendantes de plus de 60 ans. Cette mesure fait de l’accompagnement à domicile une priorité, pour que les seniors puissent rester sereinement chez eux le plus longtemps possible.

Pour gérer le quotidien, les aidant s’appuient principalement sur leur médecin généraliste, une infirmière, une aide-ménagère ou encore une aide à domicile. De l’avis des aidants, les aides qui ont connu le plus de progrès concernent le soutien moral, la surveillance et l’aide au suivi des formalités administratives.

Pour se libérer du temps, l’aidant peut confier son proche à des personnes compétentes : un séjour en hébergement temporaire permet à l’aidant de souffler, et à la personne dépendante de découvrir de nouveaux milieux, de faire des rencontres, de retrouver le moral.

Les associations et les conseils départementaux sont également des interlocuteurs intéressants pour l’aidant : ils proposent des aides d’accompagnement dans les démarches, ou encore un soutien psychologique. Autre piste, les plateformes d’accompagnement et de répit : ce sont des dispositifs d’information et d’aide, proposant des services de soutien à la personne dépendante (accueil de jour, activités de groupe favorisant l’autonomie, etc.) ainsi qu’à son aidant (formations, etc.).

Si des évolutions sont encore attendues autour de ce statut qui se révèle essentiel, les aidants peuvent alors solliciter plusieurs types de services selon leurs besoins.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *