Un auxiliaire de vie réalise une aide au ménage chez un bénéficiaire

Prévenir les risques de blessure : ce que ne doit pas faire une auxiliaire de vie

Les auxiliaires de vie sont fortement touchées par les accidents du travail et les maladies professionnelles. Pour prévenir ces risques, les formations professionnelles du métier mettent l’accent sur la sensibilisation aux risques à domicile, sur ce que ne doit pas faire une auxiliaire de vie et sur les points de vigilance pour limiter les accidents. 

Pourquoi les auxiliaires de vie sont particulièrement concernées par les risques de blessure ?

L’auxiliaire de vie accomplit des tâches variées au domicile des personnes dont elle s’occupe quotidiennement. Son travail l’expose à des risques liés à l’environnement de travail (différent pour chaque domicile des personnes aidées) et aux risques domestiques. 

Néanmoins, pour exercer son métier en toute sécurité, elle doit y être sensibilisée et savoir ce qu’elle ne doit pas faire. Dans ce cadre, la formation joue un grand rôle : elle transmet des bonnes pratiques et diffuse des méthodes pour être plus efficace et protéger sa santé mentale et physique face aux différents risques du métier d’ADV. 

Pour rompre la solitude de l’exercice du métier d’ADV, elle doit pouvoir s’appuyer sur des temps d’échange pour partager son expérience, ses difficultés et trouver des solutions à ses problèmes.

Chiffres des accidents du travail dans le secteur de l'aide à domicile
Chiffres des accidents du travail dans le secteur de l’aide à domicile / Source : inrs.fr

Quels sont les principaux risques liés au métier ?

Les risques professionnels de l’aide à domicile découlent directement des types de tâches accomplies :

  • les troubles musculo-squelettiques (lumbagos, tendinites…), liés au port de charges lourdes, au déplacement de meubles, la répétition de gestes parfois contraignants et inconfortables avec tensions, postures prolongées, chutes et chocs ;
  • la charge émotionnelle en raison de la relation entretenue avec la personne âgée et ses proches,  leur situation (précarité, état de santé, fin de vie…), aggravée par le manque de temps, le stress, et la solitude de la tâche quotidienne ;
  • les risques lors des déplacements (temps passé, conditions météo, accidents…) ;
  • les risques sanitaires liés à l’état de santé de la personne âgée, des produits utilisés (produits ménagers…) ; 

Le port de charges lourdes provoque 56 % des accidents du travail des aides à domicile. En conséquence, les ADV souffrent fréquemment de problèmes de dos : les tensions déclenchent des lombalgies. Une fois chroniques, elles nécessitent de consulter un spécialiste. En prévention, connaître les bons gestes et postures, comprendre l’origine des douleurs ressenties et savoir se soulager sont fondamentaux. Les auxiliaires de vie doivent aussi utiliser un équipement adapté et porter de bonnes chaussures. Attention : le surpoids et des difficultés psychologiques provoquant des contractions musculaires déclenchent des douleurs dorsales.

Comment prévenir les risques de blessure ? 

Les occasions de blessure sont nombreuses dans l’aide à domicile. Voici une liste non exhaustive de ce qu’une auxiliaire de vie ne doit pas faire :

  • ranger et réaliser des tâches en hauteur (dépoussiérage, nettoyage de vitres) sans escabeau ;
  • bouger des meubles pour passer l’aspirateur ou laver le sol sans aide ; 
  • se baisser sans fléchir les jambes et en faisant le dos rond ;
  • soulever une charge sans plier les genoux et la porter à une main ;
  • relâcher la posture droite de son dos ;
  • utiliser une main plus que l’autre durant une tâche longue ; 
  • laisser un seau par terre et le remplir plus que nécessaire…

L’ADV peut pourtant se protéger durant l’exécution de ces tâches pour éviter de se blesser :

  • nettoyage du sol : utiliser un balai essoreur soulageant les poignets de l’essorage de la serpillère et porter des chaussures fermées avec des semelles antidérapantes pour ne pas glisser ;
  • lavage des vitres : utiliser un marchepied ou un escabeau pour être à la bonne hauteur et réduire les douleurs aux épaules ; 
  • dépoussiérage : utiliser un plumeau à manche télescopique pour ne pas chuter et soulager les épaules ;
  • repassage : positionner la table à repasser au-dessus du bassin, ou s’asseoir, ce qui ménage les cervicales et les lombaires ;
  • balayage / aspiration en fléchissant les jambes et en gardant le dos droit, les 2 mains espacées de 15 cm sur le manche, gardé près de soi en se déplaçant avec l’aspirateur. Sous les meubles, s’abaisser en fléchissant les jambes ;
  • vaisselle : garder le dos droit et appuyer le ventre contre le rebord de l’évier pour reposer le dos. Pour le lave-vaisselle, mettre un genou à terre (position du chevalier) ;
  • déplacement des meubles : faire poser des patins ou roulettes sous les meubles ou déplacer les objets en plusieurs fois.

Protéger la santé physique des auxiliaires de vie

L’organisation du travail joue un rôle important dans la prévention des risques, selon le type de tâche à réaliser chez chaque personne aidée et ses besoins. L’auxiliaire de vie doit repérer les risques chez son bénéficiaire et clarifier les tâches à accomplir. Elle calcule ensuite le temps exigé à chaque tâche, la disponibilité des équipements dont elle a besoin et les temps nécessaires à ses déplacements dans sa zone d’intervention. Une grille de repérage des risques professionnels à domicile l’aide à identifier les situations risquées pour lesquelles elle demandera de l’aide.

Autre point fondamental : ses échanges avec le bénéficiaire et ses proches. Elle les sensibilise aux risques et aux actions à entreprendre pour faire son travail de manière sécurisée :

Toute particularité du logement doit lui être signalée (marches…). Elle s’abstient de réaliser une tâche si elle présente un danger

Exercices d’étirements à mettre en pratique

Régulièrement et fréquemment s’étirer diminue les tensions musculaires, évitant que la douleur s’installe.

Étirer le dos

Assis sur une chaise, jambes croisées : sur le genou de la jambe croisée (gauche), placer la main opposée (droite). Effectuer une rotation de la tête, des épaules et du tronc du côté de la jambe croisée. Maintenir l’étirement quelques secondes. Répéter de l’autre côté.

Étirer le tronc

À réaliser debout : jambes écartées en largeur du bassin, bras étirés au-dessus de la tête et mains jointes, légèrement incliner le tronc à droite et à gauche, sans pivoter le bassin.

“Chien et chat”

À 4 pattes, arrondir lentement le dos en inspirant et en baissant la tête et les fesses (faire le chat). Revenir à la normale en expirant puis continuer à descendre le dos jusqu’à être légèrement concave, en redressant la tête et en sortant les fesses (faire le chien). Alternez chat et chien en respirant.

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