Une auxiliaire de vie fait preuve d'éthique et de déontologie lors d'une aide à domicile

Qu’est-ce que la déontologie et l’éthique de l’aide à domicile ?

L’aide à domicile prodigue des soins aux personnes pour qu’ils vivent dans les meilleures conditions possibles. Son intervention quotidienne repose sur une éthique et une déontologie. Devant la complexité de chaque situation, disposer d’une charte et d’un code avec des principes clairs lui permet de prendre les bonnes décisions, en accord avec ses valeurs et sa conscience tout en respectant les droits fondamentaux des personnes aidées.

Qu’est-ce que l’éthique et la déontologie ?

L’éthique est une réflexion permettant de guider l’action afin qu’elle soit bénéfique à son destinataire. Cette réflexion se fonde sur des valeurs à respecter en toutes circonstances. 

La déontologie est “l’ensemble des règles et devoirs régissant une profession, la conduite de ceux qui l’exercent, les rapports entre ceux-ci et leurs clients et le public.” L’éthique guide l’action d’une personne. La déontologie cadre l’éthique dans un cadre professionnel. L’éthique précède donc la déontologie.

Ethique et déontologie du métier d’aide à domicile

Avec la loi du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale, le gouvernement français a développé les droits des usagers qui bénéficient de services sociaux et médico-sociaux. Elle a abouti à la charte des droits et libertés de la personne accueillie. Cette charte guide les métiers de l’aide à domicile.

Dans ces métiers, les gestes techniques relèvent d’une formation et de l’expérience professionnelle : ils sont nécessaires aux tâches accomplies au domicile d’une personne aidée. Mais beaucoup d’entre eux consistent à accompagner le quotidien de cette personne. Dans ce cadre, les compétences relationnelles jouent un rôle fondamental pour accomplir ces gestes techniques. Savoir-être et savoir-faire de l’auxiliaire de vie doivent donc être guidés par l’éthique et par la déontologie de la profession. 

Déontologie et respect des droits fondamentaux dans le métier d’aide à domicile

Concrètement, la déontologie des aides à domicile prévoit qu’elles travaillent dans la discrétion et la réserve en respectant notamment : 

  • la personne et ses droits fondamentaux : son libre-choix, sa protection et sa sécurité, son autonomie, sa dignité et son intimité ;
  • ses biens, son domicile où se déroule sa vie privée et son intimité : le domicile reflète sa vie, la protège, la rassure et incarne la stabilité ;
  • sa culture, ses opinions et ses choix de vie, notamment sa religion et ses convictions politiques, son origine ethnique ou sociale, son orientation sexuelle.

Au quotidien, le travail des aides à domicile est influencé par la santé et le degré d’autonomie de la personne âgée. Elles doivent faire preuve de tact pour compenser les adaptations nécessaires tout en respectant au maximum ces droits fondamentaux. En effet, la personne âgée en perte d’autonomie reste une personne avant tout : elle ne peut être réduite à un individu en perte d’autonomie. L’attitude inverse, niant l’influence de la maladie sur son corps, son identité et sa personnalité pose aussi problème : la perte de sa mobilité, de ses facultés cognitives et la dégradation de sa santé influencent ses propos, son comportement et ses actions. 

Dans l’exercice de son métier, l’aide à domicile veille à échanger avec elle pour qu’elle puisse continuer à exercer au maximum son libre-choix, vivre dans la dignité et avec toute l’autonomie possible. Ces échanges contribuent à son bien-être et l’aident à mieux vivre. Elle s’adapte à chaque situation et à son évolution, en étant attentive aux demandes exprimées par les proches.

Elle doit être vigilante en conservant une distance, sans investissement affectif ou indifférence, pour protéger les personnes aidées et leurs proches de pratiques abusives ou insatisfaisantes et les faire participer activement dans le cadre de leur intervention. Toutefois, il existe des situations dans lesquelles les aides à domiciles peuvent ressentir des dilemmes d’ordre éthique qui ne peuvent être résolus par des automatismes professionnels.

Comment résoudre des dilemmes éthiques lorsqu’on est aide à domicile ?

En raison de son affaiblissement physique ou mental, la personne aidée n’est plus en mesure d’effectuer certaines actions, de prendre des décisions pourtant indispensables à son intérêt, son bien-être et de faire des choix libres. Il faut alors le faire pour elle, parfois en contredisant sa volonté exprimée, ou contre celle de ses proches quand ceux-ci agissent de manière contraire à son intérêt. Cela peut poser des dilemmes éthiques aux aides à domicile, provoquant un problème de conscience et une charge mentale.

Pour prendre la bonne décision, il est indispensable de prendre du recul pour se poser les bonnes questions. Ce questionnement ne va pas de soi ni ne garantit de trouver rapidement une solution. Mais toute décision prise doit pouvoir être justifiée par les valeurs qui l’ont guidée.

Une telle décision ne peut être prise qu’à la lueur de toutes les informations disponibles : il est capital de faire preuve d’empathie pour imaginer comment les autres vivent la situation. Quand la personne aidée ne peut exprimer clairement sa volonté, il faut aussi pouvoir l’interpréter en prenant d’abord le temps de l’observer pour décoder son langage non-verbal, ses réactions et dialoguer autant que possible avec elle et ses proches. L’objectif est d’identifier ses craintes et ses sentiments et d’évaluer sa compréhension de la situation. 

Il est aussi fondamental de se référer la personnalité de la personne aidée, son histoire, ses motivations et ce qui compte pour elle. Son histoire et son expérience expliquent son ressenti et son opposition à des actions ou des décisions pourtant prises dans son intérêt. Le point de vue motivé des autres professionnels intervenant auprès d’elle est également à prendre en compte dans le cadre d’une réflexion éthique. 

Enfin, l’empathie doit guider toute action et réflexion. L’humilité, l’ouverture d’esprit et la capacité à accueillir le point de vue de l’autre tout en admettant qu’il peut influencer le cours de sa réflexion et sa décision sont des qualités dont il faut faire preuve.

Pour résoudre un dilemme éthique, l’aide à domicile doit donc :

  • analyser la situation pour l’exprimer clairement et définir le problème à résoudre : elle a besoin de dialoguer avec les personnes concernées pour disposer de toutes les informations nécessaires à sa prise de décision ;
  • prendre en compte les personnes impliquées, directement ou indirectement et celles qui ne le sont pas mais qui devraient l’être pour recueillir leur opinion et leur sentiment ;
  • replacer le dilemme dans un contexte : comment la situation est-elle née et comment a-t-elle évolué ? Quelles lois, procédures, recommandations professionnelles ou règles d’éthique professionnelle avec lesquelles il faut composer ?
  • dialoguer avec tous, y compris avec d’autres collègues dont l’expérience ou le regard extérieur peuvent éclairer la situation ;
  • considérer les valeurs clés en jeu, leur importance aux yeux de chacun ;
  • énumérer les options réalistes de ce qu’il faut faire selon le contexte, peser le pour et le contre de chacune et prendre une décision en accord avec ce qu’elle pense.

La déontologie de l’aide à domicile est donc fondamentale pour prendre soin des personnes âgées et en perte d’autonomie, dont le nombre est appelé à augmenter avec le vieillissement de la population. En plus de principes fondamentaux supportant son action quotidienne, il valorise le métier d’aide à domicile et son utilité sociale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.