Un aidant et sa maman se réjouissent de pouvoir bénéficier de l'allocation journalière du proche aidant (AJPA)

Tout savoir sur l’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA)

L’AJPA est une aide financière de remplacement dans le cadre de la prise du congé de proche aidant. Attribuée sous conditions, elle permet aux aidants de prendre du temps pour soutenir un proche dépendant de par un handicap, l’âge ou la maladie.

Qu’est-ce que l’AJPA ?

Il existe 11 millions d’aidants en France, dont la majorité exerce une activité professionnelle en parallèle de ce rôle exigeant. La mise en place du congé du proche aidant et de l’AJPA font partie des mesures de soutien et des aides destinés aux aidants en reconnaissance de leur contribution dans la société. 

L’allocation journalière du proche aidant ou AJPA est un revenu de remplacement destiné à l’aidant, dans le cadre de la demande d’un Congé de Proche Aidant. Pour en bénéficier, il doit s’occuper d’un proche :

  • vulnérable ;
  • âgé ;
  • en situation de handicap ;
  • en perte d’autonomie, exigeant qu’il arrête temporairement de travailler ou réduise son activité professionnelle. Depuis le 1er janvier 2022, il est aussi ouvert aux aidants de personnes en perte d’autonomie moins avancée. 

C’est une nouvelle aide financière, disponible depuis le 30 septembre 2020. Elle répond à un besoin d’accompagnement ponctuel ou régulier et diffus dans le temps, d’une ou plusieurs personnes durant quelques semaines ou plusieurs mois.

Quelles sont les conditions d’attribution de l’AJPA ?

Les conditions pour percevoir l’AJPA sont strictes et certaines s’appliquent à l’aidant :

  • il doit diminuer son activité professionnelle, qu’il soit salarié du secteur public ou privé. Il a fait une demande d’un congé de proche aidant à son employeur avant de faire une demande d’AJPA ;
  • il est également éligible à l’AJPA s’il est travailleur indépendant, exploitant agricole, VRP ou salarié d’un particulier employeur ;
  • un aidant stagiaire de la formation professionnelle et rémunéré peut également demander l’AJPA, mais il doit interrompre son stage ;
  • sous certaines conditions, un aidant au chômage peut aussi y prétendre ;
  • l’aidant est nécessairement soit le conjoint, concubin, pacsé, ascendant ou descendant de la personne âgée ou handicapée avec laquelle il vit ou aide souvent et régulièrement. Il vit en France de façon stable et régulière ;
  • l’aidant n’est pas rémunéré pour son aide par son proche ;
  • il ne bénéficie pas de certaines prestations, d’allocations, ou indemnités non-cumulables ;
  • au-delà des 66 jours d’indemnisation au titre de l’AJPA durant sa vie professionnelle, il ne peut plus en faire la demande.

L’aidé doit entretenir un lien étroit avec l’aidant et vivre en France de façon stable et régulière. Son taux d’incapacité doit être égal ou supérieur à 80%, reconnu par la MDPH, ou son degré de dépendance est déterminé par le conseil départemental (GIR I à III).

Quel est le montant de l’AJPA ?

L’allocation peut être versée à la journée ou la demi-journée selon le besoin. Les montants d’indemnisation sont de :

  • 58,59 € par journée pour une personne seule ;
  • 29,30 € par demi-journée par personne seule ;

Ces montants sont revalorisés chaque année au 1er avril. 

L’AJPA est soumise au prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, et ouvre automatiquement droit à l’Assurance Vieillesse des Parents au Foyer (AVPF). 

Pour les demandeurs d’emploi, l’AJPA n’est versée qu’à la journée. L’aidant doit informer Pôle Emploi du nombre de jours de congés pris pour qu’il réduise l’indemnisation chômage de l’aidant en fonction du nombre de ces jours.

Comment faire une demande d’allocation journalière du proche aidant ?

Selon sa situation professionnelle, l’aidant peut s’adresser à 2 organismes :

  • qu’il soit allocataire de la Caisse des Allocations Familiales ou non, l’aidant peut faire une demande d’AJPA via son compte personnel sur le site de la CAF. S’il n’est pas allocataire, il doit s’adresser à la caisse de son lieu de résidence selon son régime d’affiliation (général ou agricole) ;
  • le salarié ou le non-salarié agricole peut faire une demande sur le site de la Mutualité Sociale Agricole, la compléter et la renvoyer à la MSA avec les documents demandés. 

Il est également possible d’effectuer une demande suivant une procédure papier en remplissant un formulaire CERFA16108*01.

La demande s’accompagne de la notification de la MDPH faisant état du taux d’incapacité supérieur ou égal à 80 % de la personne aidée, ou la notification du Conseil Départemental indiquant un GIR compris entre 1 et 3.

Dans les 2 cas, il est nécessaire de remplir une attestation mensuelle pour la percevoir. Le salarié la fait remplir par son employeur et le travailleur indépendant ou l’aidant au chômage la remplit lui-même. Elle doit être datée, signée et envoyée à la CAF ou la MSA.

Aperçu du formulaire de demande d'AJPA de la MSA
Extrait du formulaire de demande d’AJPA de la MSA / Source : Previssima

Durée de versement de l’AJPA

L’aidant peut bénéficier de 66 jours d’AJPA, dans la limite de 22 jours par mois, pour une ou plusieurs personnes aidées. Ils sont fractionnables en demi-journée selon la situation professionnelle, durant l’ensemble de la carrière professionnelle de l’aidant. 

Son versement peut être régulier et étalé, partiel ou ponctuel selon la forme du congé de proche aidant.

Un couple peut en bénéficier, chacun effectuant sa propre demande et la cumulant pour une même personne aidée sur une même période.

Prestations non cumulables avec l’AJPA

Certaines aides financières proposées aux aidants et aux aidés ne sont pas cumulables avec l’AJPA. C’est notamment le cas de l’aidant employé par la personne aidée dans le cadre de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) ou l’aide humaine de la PCH (Prestation de Compensation du Handicap).

Différents congés et aides ne sont pas non plus cumulables avec l’AJPA :

  • les congés de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption ;
  • l’indemnité d’interruption d’activité ou l’allocation de remplacement pour maternité ou paternité ;
  • l’indemnisation des congés de maladie d’origine professionnelle ou non, ou d’accident du travail ;
  • la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE de la PAJE) ;
  • le complément et la majoration de l’Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé (AEEH) perçus pour un même enfant aidé ;
  • l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ;
  • l’allocation journalière de présence parentale (AJPP) ;
  • l’allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie (AJAP).

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