Aujourd’hui, les seniors partent en retraite à 61 ans et 10 mois, une moyenne qui atteindra 64 ans avant 2040. Si le taux d’emploi des seniors est en augmentation depuis les années 2000, ils se heurtent toutefois à de nombreux obstacles sur le marché du travail. Quels sont-ils et quelles mesures sont mises en place pour contrer les difficultés rencontrées ?

Emploi des seniors en France : état des lieux

Actuellement, les personnes de plus de 60 ans restent globalement actives, mais subissent plusieurs freins à l’emploi. Le taux d’emploi des 60-64 ans, estimé à 30% en 2017, est d’ailleurs nettement inférieur à celui de l’union européenne, qui affiche une moyenne de 42%. Sur 100 personnes de 60 ans et plus, une moitié environ sont des actifs, pour un tiers d’inactifs (invalidité ou autre) et quasiment 20% de chômeurs. Ces derniers connaissent des difficultés de retour à l’emploi, et sont davantage exposés à un chômage de longue durée.

Si les atouts des seniors sont bien réels pour les entreprises à la recherche de compétences, ils souffrent de croyances négatives en rapport avec l’âge. Un critère qui apparaît comme l’un des principaux motifs de discrimination au travail, là où l’âge est pourtant synonyme d’expérience et de maîtrise. Outre cet aspect récurrent, les seniors manquent parfois d’informations sur les dispositifs de maintien et de retour à l’emploi.

Les freins pour les entreprises touchent principalement au niveau du salaire, plus élevé pour un senior expérimenté, et à un supposé retard concernant l’utilisation des outils numériques. Aussi, plus de la moitié des personnes âgées quittent un emploi pour des raisons de santé. Des conditions de travail pénibles ou l’absence d’aménagement de poste peuvent en être la cause, et décourager la reprise d’un emploi.

Situation des seniors au regard de l'emploi en France

Malgré tout, la situation tend à s’améliorer. Le taux de chômage des plus de 50 ans est ainsi en baisse au deuxième trimestre 2019 (-0,2 point à 6,1%). A noter que le secteur agricole est l’activité qui emploie proportionnellement le plus de seniors. Ceux-ci sont assez présents également dans les secteurs du raffinage et de l’administration publique, et dans une moindre mesure l’immobilier, le secteur bancaire, les transports et l’industrie.

Employer les seniors, quels atouts pour l’entreprise ?

Au-delà des clichés, les seniors se montrent en réalité flexibles et souvent prêts à accepter une rémunération moindre ou davantage de mobilité. Parmi les avantages qu’ils possèdent sur la jeune génération, les seniors affirment en priorité leur expérience, suivi de leur aptitude à prendre du recul, leur autonomie ou encore leur envie de transmettre une expertise. Leurs points forts pour postuler auprès d’une entreprise sont principalement :

  • Davantage de fidélité

Lors de l’embauche, être âgé de 55 ans ou plus est considéré comme un frein. Mais un salarié de 50 ans dispose encore d’une dizaine d’années de travail effectif avant la retraite. Dans un marché du travail aujourd’hui difficile, embaucher un senior en quête de stabilité au cours de ses dernières années de carrière préviendrait les inconvénients d’un important turn-over dans certaines fonctions.

  • Des compétences relationnelles et une efficacité immédiate

Les seniors ayant un profil de cadre possèdent une solide expertise et ont acquis un réseau propre à leur domaine. Ils sont également opérationnels, sans nécessiter de temps de formation. Lors du développement de leur activité, les employeurs préfèrent viser les candidats expérimentés et ayant une certaine expertise. Ce cas de figure s’applique surtout lors du lancement de nouveaux produits, de l’élargissement à de nouveaux marchés, etc.
Malgré ces avantages indéniables, un aspect continue de freiner les recruteurs : si le manager en charge du senior est plus jeune, le problème de l’autorité et de la crédibilité peut se poser.

  • Assurer la relève, transmettre et pérenniser les compétences 

Exposées à la perte de compétences, certaines entreprises trouvent dans l’embauche de seniors un moyen de transmission. Au sein d’une équipe de travail, la cohésion entre juniors et seniors est indispensable pour pérenniser les savoir-faire acquis. La présence de seniors vient ainsi compenser le manque d’expérience des plus jeunes, qui bénéficient de l’expertise de personnes plus matures.

Encourager l’emploi des seniors : les mesures et dispositifs en place

Pour contrer les difficultés rencontrées sur le marché du travail, de nombreuses mesures existent pour favoriser l’emploi des seniors. Parmi elles :

  • Le CDD senior

Réservé aux seniors proches de la retraite, ce contrat favorise leur retour à l’emploi et permet de compléter leurs droits afin d’accéder à une retraite à taux plein. Les personnes âgées de plus de 57 ans et inscrites à Pôle Emploi depuis au minimum 3 mois ont droit au CDD senior, d’une durée de 18 mois maximum et renouvelable 1 fois dans la limite de 36 mois.

  • Le Parcours Emploi Compétences (PEC) :

Depuis janvier 2018, le PEC a remplacé les anciens contrats aidés (CUI-CAE). Il s’adresse principalement aux seniors et aux chômeurs de longue durée, afin de renforcer l’accompagnement et faciliter la réinsertion sur le marché du travail. Les employeurs peuvent être des associations, collectivités territoriales, etc.

  • Une aide financière à l’embauche :

Pour recruter un demandeur d’emploi de 45 ans ou plus, l’employeur peut solliciter l’aide de l’État. Octroyée par Pôle Emploi, le montant de l’aide est fixé à 2000€ et sera accordée dans le cadre d’un contrat de professionnalisation.

  • La Validation des acquis de l’expérience (VAE) :

Intéressante pour de nombreux seniors, la VAE est accessible en justifiant de 3 ans d’expérience minimum. Une démarche qui peut permettre d’obtenir un diplôme, ou encore un certificat de qualification professionnelle.

  • Le Bilan de compétences :

Il est possible de se former même après 50 ans. Avec le bilan de compétences, un senior demandeur d’emploi peut mettre en avant ses capacités et ses motivations, puis viser une formation ou établir un projet professionnel.

  • Le Compte personnel de formation (CPF) :

Le demandeur d’emploi peut utiliser son CPF pour financer une formation, en exposant son projet et le devis de la formation choisie à Pôle Emploi. A signaler que depuis le 14 avril 2017, les heures de formation (dans la limite de 500h) peuvent venir compléter les heures de CPF et de DIF acquises ; un avantage supplémentaire pour les seniors souhaitant alors concrétiser un projet de formation.

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