La Langue des Signes Française (LSF) est un langage gestuel utilisé par les personnes sourdes et malentendantes, ainsi que certains entendants. Depuis sa reconnaissance officielle en 2005, elle résonne comme un symbole de partage et d’inclusion de la communauté sourde dans la société. Apprendre le langage des signes, c’est s’ouvrir aux autres au même titre que n’importe quelle langue. Qu’est-ce que la Langue des Signes Française ? Quel est son fonctionnement ? Comment apprendre cette langue et réussir à communiquer avec une personne malentendante ?

Mieux comprendre la Langue des Signes Française

La Langue des Signes Française est utilisée par plus de 100.000 personnes dans l’Hexagone et environ 169.000 dans le monde (1). Un chiffre en demi-teinte lorsque l’on sait que le nombre de personnes sourdes en France est de 300 000. Ceci est sans compter les 10 millions de personnes malentendantes estimées, aux fonctions auditives altérées par l’âge, la maladie ou un handicap que la langue des signes pourrait aider.

La reconnaissance de ce langage gestuel a en effet été un long parcours pour les sourds et les malentendants. Longtemps utilisée de manière informelle par cette communauté, ce n’est qu’au XVIIIe siècle que la langue des signes s’institutionnalise en France. A l’époque, l’abbé Charles Michel de l’Epée étudie et développe ce langage. Il crée en 1760 une école pour les jeunes malentendants où il enseigne la Langue des Signes Française. École qui deviendra par la suite l’Institut National des Jeunes Sourds. Il faudra attendre 2005 pour que la Langue des Signes Française soit reconnue légalement comme une “langue à part entière”.

Contrairement aux idées reçues, elle n’est pas universelle. Il existe plusieurs langages des signes, qui diffèrent selon les pays, les régions, et les communautés de malentendants. C’est aussi une langue dite “naturelle”. C’est-à-dire qu’elle se développe au fil du temps, et s’adapte à l’évolution des interactions entre les locuteurs. Son vocabulaire s’enrichit au gré des innovations, des nouveaux modes de vie, et des nouveaux usages.

Fonctionnement de la Langue des Signes Française (LSF)

La Langue des Signes Française est un mode de communication visuel et gestuel. Les signes réalisés avec le corps et les mains permettent d’exprimer un mot, une situation, ou une lettre de l’alphabet. On distingue 4 types de signes :

  • les signes iconiques : ils expriment des gestes du quotidien par le mime et peuvent être compréhensibles par les personnes entendantes ;
  • les signes inspirés du français : des gestes partiellement mimés qui intègrent la 1ère lettre de ce mot ;
  • les signes inventés : pour désigner des mots qui disposent de leur propre signe dans la Langue des Signes Française ;
  • l’usage de l’alphabet dactylologique : pour épeler un mot lorsque celui-ci ne dispose pas de son propre signe. Chaque lettre signée est issue de l’alphabet latin que nous utilisons à l’écrit.

Les signes ne sont pas les seuls composants de la Langue des Signes Française. L’expression corporelle fait partie intégrante de la langue. La position des doigts et de la main, l’emplacement du corps, les mouvements, les expressions du visage, sont autant de paramètres qui enrichissent et introduisent des subtilités au langage. Le visage permet par exemple d’exprimer diverses émotions et de faire la différence entre deux mots signés de la même façon. La notion du temps est représentée à l’aide du corps : le passé est derrière soi, tandis que le futur est devant soi.

Comme toute langue, la LSF dispose de sa propre grammaire et de sa propre syntaxe. Ce n’est pas une traduction littéraire de la langue française parlée. Sa structure syntaxique “temps, lieu, sujet, action” permet au locuteur de poser en premier le cadre de la discussion. Une structure bien différente de la langue française avec sa syntaxe “sujet, verbe, complément”.

Comment apprendre la langue des signes ?

Il y a aujourd’hui de nombreuses possibilités d’apprendre la Langue des Signes Françaises.

Le web et les formats vidéo sont de formidables outils pour l’apprentissage des signes. De nombreuses chaînes Youtube proposent des enseignements en ligne de qualité. Les réseaux sociaux permettent également d’apprendre et mettre à jour ses acquis de manière ludique (vidéos, stories, jeux quizz…). Différents formats sont proposés, rendant l’apprentissage particulièrement agréable. Les réseaux sociaux ont l’avantage de favoriser les interactions avec une communauté d’apprenants et de malentendants. Les applications mobiles constituent également d’excellentes ressources à emporter partout avec soi.

Il est bien-sûr possible d’avoir recours à des méthodes d’apprentissage plus académiques avec des enseignements en présentiel. Plusieurs associations, lycées, universités, et établissements privés proposent des cours de Langue des Signes Française (en journée, en cours du soir, ou lors de stages intensifs…). Ces enseignements ne sont pas réservés qu’aux habitants de grandes villes. Il existe des dispositifs dans des agglomérations de taille moyenne. Si toutefois aucune solution ne se trouvait à proximité, il est tout à fait possible d’avoir recours à des cours particuliers.

Pour ceux attachés au traditionnel format papier, il existe des livres (illustrés, dictionnaires, pour enfants…) permettant d’acquérir les fondamentaux et du vocabulaire. Ils ont l’avantage d’expliquer les signes, la grammaire, mais aussi l’histoire de la langue et de la culture sourde.

Enfin, rien de tel que de se confronter à la vie réelle. Échanger avec des pratiquants de la langue permet de créer du lien, de maintenir ses acquis, et d’enrichir son vocabulaire. Il est possible de rejoindre un groupe de langue des signes, un club de personnes sourdes, ou encore de participer à des événements dédiés. Les associations locales ou les sites web comme meetup référencent généralement ce type d’événements.

Les 26 lettres de l'alphabet et leur équivalent en langue des signes française
Alphabet Manuel LSF / Source : Pinterest

Quelques conseils pour communiquer avec une personne malentendante

Pour communiquer avec une personne malentendante, il est conseillé de se positionner en face d’elle et de maintenir le contact visuel. En effet, la personne sourde tire de précieuses informations :

  • de la posture,
  • des mouvements,
  • des expressions du visage
  • et de la lecture labiale.

Une discussion attentive, à proximité, dans un endroit calme, facilitera d’autant l’échange.

L’écoute et la patience sont également des critères importants. Un temps d’adaptation peut être requis selon les personnes. En cas d’incompréhension, il est conseillé d’expliquer à nouveau le propos en utilisant un autre angle. Cela évite de répéter plusieurs fois la même chose, et de générer de l’agacement et de la frustration. Il est possible de s’aider de la lecture labiale en articulant davantage. Inutile de ralentir le débit ou de crier. Cela pourrait créer du stress pour la personne malentendante.

Des phrases courtes et simples sont à privilégier. Elles facilitent la compréhension et demandent moins de concentration visuelle à la personne sourde. Il ne faut pas hésiter à lui demander si le propos a bien été compris. Enfin, avoir recours à l’écrit peut être une solution pour lever toute ambiguïté et pour confirmer des informations importantes.

Sources :

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