Exposé au stress et à l'épuisement, cet aidant familial fait un burn out

Difficultés de l’aidant au quotidien : attention au burn out !

Si les aidants tirent une satisfaction et un sentiment d’utilité du soutien apporté à un proche malade ou âgé, ils admettent cependant être démunis face à l’exigence de leur tâche. Les aidants familiaux sont exposés à un risque élevé de burn out, avec des conséquences sur la personne aidée. Il est indispensable de reconnaître les signes d’épuisement lorsqu’on est aidant, pour le prévenir ou en guérir. 

Qu’est-ce que le burn out de l’aidant familial ?

Le burn out est un stress physique, mental et émotionnel permanent, rendant vulnérable à la pression. Les facteurs déclenchant l’épuisement de l’aidant familial sont multiples :

  • manque de repos ;
  • difficultés à déléguer ses tâches ;
  • inquiétude pour le proche aidé ;
  • ou encore remise en question de sa capacité à prendre soin de lui. Une relation fragilisée avec le proche et son évolution future accroissent son angoisse.

Les aidants familiaux sont 11 millions en France, dont 4 millions sont professionnellement actifs. Très engagés, ils sont 25 % à consacrer près de 20 heures hebdomadaires aux soins de leur proche. Par manque de temps et culpabilité, ils les font souvent passer avant leur propre repos et avant leur santé, mettant leur capacité de résistance à l’épreuve. Armés de leur bonne volonté mais peu préparés à leur tâche qu’ils assument au mieux de leurs capacités, ils se sentent dépassés et éprouvent une forte culpabilité.

À ce contexte s’ajoute des difficultés matérielles :

  • une moindre disponibilité ou efficacité au travail entraîne une baisse de leurs revenus ;
  • une progression professionnelle entravée ;
  • et une perte de confiance en sa capacité à rebondir en cas de perte d’emploi.

Reconnaître les signes d’épuisement de l’aidant

Le burn out s’accompagne d’indicateurs qu’il faut savoir déceler :

  • une fatigue chronique dès le réveil et un sommeil perturbé. Ils causent des troubles de la concentration et de la mémoire ;
  • une instabilité émotionnelle : patience amoindrie, colère ou tristesse face aux faiblesses d’une personne vulnérable, incapacité à trouver des solutions ou à assumer des actes auxquels l’aidant n’est pas préparé. Ces problèmes peuvent conduire à la maltraitance et des conflits avec l’entourage ;
  • un repli sur soi pour dédier son temps à son proche. Il se met en retrait de sa vie sociale, renonce aux loisirs et à sa vie amicale, présumant l’incompréhension des autres. Il évite toute situation porteuse d’émotions négatives ou demandant qu’il s’exprime ;
  • un changement physique : prise ou perte de poids, négligence de son apparence et de ses problèmes de santé, douleurs ou traumatismes liés à des tâches répétitives, infections à répétition, développement d’addictions…

Négliger un burn out fragilise la santé en augmentant le risque de développer des maladies comme l’hypertension, des problèmes cardiaques mais aussi un cancer.

Infographie présentant les signes du burn out chez l'aidant familial
Les symptômes du burn out de l’aidant / Source : Justifit.fr

Les solutions pour faire face ou prévenir l’épuisement et le burnout de l’aidant

L’accompagnement est crucial pour trouver des réponses aux questions de l’aidant, des solutions à ses problèmes et être écouté. Le médecin traitant est le meilleur point de départ pour éviter burn out et dépression. Il pourra orienter l’aidant vers un psychologue. Il est donc indispensable que le médecin traitant soit informé du rôle d’aidant de son patient.

L’aidant épuisé peut aussi se tourner vers des associations comme :

  • la Maison des Aidants ;
  • des groupes de paroles comme le Café des Aidants ;
  • et les structures locales telles que la MDPH pour les personnes handicapées et leurs proches, les CCAS et le CLIC.

Alimentation équilibrée, activité physique et sommeil de qualité sont fondamentaux pour se sentir bien et prévenir le burn out. Être attentif à ses émotions permet de mieux les gérer et savoir se relaxer :

  • la sophrologie ;
  • le yoga ;
  • le pilates ;
  • ou le tai chi contribuent à renforcer son équilibre émotionnel.

Reconnaître un sentiment de dépassement doit alerter : prendre quelques instants dans son quotidien pour respirer profondément permet de recouvrer son calme. Connaître ses limites aide à prendre de meilleures décisions et trouver l’aide nécessaire.

Souvent, l’aidant vit sa situation comme une relégation de sa propre vie au second plan et n’ose plus parler de son quotidien à ses proches. Son entourage peut pourtant le soutenir en prenant régulièrement de ses nouvelles et en l’écoutant. Il peut lui proposer de l’aide pour le soulager quelques heures ou plus et s’assurer qu’il continue à prendre du temps pour lui en se rendant disponible. Ces temps d’échange entretiennent le moral, la motivation et font du bien en retour au proche aidé. Demander l’aide de ses proches, ou d’aidants professionnels quand c’est nécessaire, n’est pas un aveu de faiblesse : c’est au contraire le signe que l’aidant souhaite prendre mieux soin de l’autre et de lui-même.

Depuis le 1er octobre 2020, le congé du proche aidant est un congé spécifique et indemnisé, ouvrant droit à une allocation journalière. Il prend la forme d’une réduction du temps de travail ou d’une période spécifique. Soumis à conditions, il est ouvert à tous les salariés. Il s’organise avec l’employeur et présente des avantages sociaux.

Comment prendre du répit et passer le relais ?

Lorsqu’on est aidant, il existe différentes solutions pour alléger sa charge de travail de manière permanente ou temporaire, comme par exemple :

  • l’accueil de jour et de nuit, qui sont des structures offrant un accompagnement personnalisé et pluridisciplinaire. Des professionnels y offrent leur soutien aux aidants. Ils favorisent le maintien de la personne à domicile puisqu’elle n’est accueillie qu’une partie du temps ;
  • l’accompagnement par un service d’aide à domicile, avec l’assistance aux actes quotidiens, l’aide ménagère, la garde de nuit, le portage de repas…
  • l’hébergement temporaire, limité dans le temps et facilitant par exemple une sortie d’hôpital, des travaux au domicile ou la transition avant le séjour en maison de retraite ;
  • l’accueil familial dans des familles agréées contre rémunération, pour les personnes encore valides ou dont l’état est compatible avec la vie de la famille. L’accueil est personnalisé et encadré par contrat ;
  • les séjours de vacances pour aidants : selon les établissements et les formules, l’aidant peut en bénéficier avec l’aidé, tous deux soutenus par un personnel spécialisé prenant en charge la personne aidée.

L’État et les organismes fournissent sous conditions une aide financière pour payer ces solutions. L’APA et la PCH, plans personnalisés pour les personnes en perte d’autonomie, peuvent inclure certaines de ces mesures et de ces solutions pour alléger votre charge de travail. Ils peuvent aussi comprendre une rémunération de l’aidant sous conditions. 

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