Comprendre la maladie d’Alzheimer

Comprendre la maladie d’Alzheimer : Symptômes, causes et traitements

Avec plus d’un million d’individus touchés, la maladie d’Alzheimer reste la forme de démence qui affecte le plus les personnes âgées. Si l’on entend surtout parler de la perte de mémoire, le comportement et les émotions sont aussi largement altérés. Si cela peut embarrasser, surprendre ou décontenancer, la maladie est avant tout très difficile à vivre pour la personne concernée. Voyons les symptômes, causes, évolutions et traitements de cette affection, qui touche aujourd’hui 23% des plus de 80 ans.

Une affection neurodégénérative qui gagne du terrain

La maladie d’Alzheimer, qui évolue plus ou moins vite selon les personnes, entraîne une perte progressive de la mémoire et des capacités cognitives. Cette forme de démence, encore mal connue, impacte la vie quotidienne et nécessite une prise en charge spécifique.

Un diagnostic précoce est indispensable pour anticiper la perte progressive d’autonomie, et prolonger au maximum la qualité de vie du senior. Lors des premiers symptômes de la maladie, la personne touchée est entièrement consciente de ses actions et arrivera à s’adapter (mise en place de pense-bête pour compenser les oublis, etc.). Puis l’aggravation des différents signes conduit à la dépendance, nécessitant alors l’aide d’un aidant ou d’une auxiliaire de vie dans les gestes du quotidien.

En comptant les proches aidants, ce sont aujourd’hui 3 millions de personnes qui sont concernées par la maladie d’Alzheimer. Cette affection est la 4e cause de mortalité en France, pourtant les personnes touchées sont encore trop peu suivies : à l’heure actuelle, seul 1 patient sur 2 est diagnostiqué. Parmi ceux-ci, 60% vivent à domicile et si rien n’est fait, on comptera 1 275 000 malades d’Alzheimer en 2020, soit 1 français sur 4 de plus de 65 ans (Source France Alzheimer).

Chiffres clés - Maladie d'Alzheimer

Une maladie aux nombreux symptômes

Les personnes atteintes verront leur fonctionnement cognitif se dégrader, tandis qu’apparaîtront divers troubles comportementaux et affectifs. Le terme « cognitif » regroupe les symptômes liés à la mémoire, au langage, à la reconnaissance, au raisonnement ou encore à la compréhension.

La perte de mémoire concernant les évènements récents n’est ainsi que le premier trouble visible, qui constitue souvent un motif de consultation (besoin de faire répéter, oubli des personnes récemment croisées, etc.). La perte de repères temporels ou la désorientation accompagnent parfois ces premiers signes.

Viennent ensuite les troubles du langage. Progressivement, la personne atteinte aura des difficultés à comprendre et à parler. Parallèlement, les gestes habituels deviennent difficiles à réaliser (écrire, manger, etc.). Ces symptômes conduisent le senior vers un état de forte dépendance.

L’avancée de la maladie provoque une tendance à laisser de côté les tâches complexes (planifier ses journées, inviter du monde, etc.), et une difficulté croissante à réaliser deux actions à la fois.

Être atteint d’Alzheimer a également des conséquences sur le comportement et l’humeur. Un état anxieux peut apparaître, le malade se montrant nerveux ou inquiet sans raisons. Parmi les troubles émotifs fréquents, on peut noter l’apathie, la perte de motivation, l’irritabilité, l’euphorie inexpliquée ou encore la dépression.

Ainsi, des oublis occasionnels ne sont pas inquiétants : c’est la combinaison de plusieurs troubles qui doit attirer l’attention. Il peut s’agir de difficultés de langage, de manque de concentration ou de troubles de la mémoire, qui entraînent une confusion au quotidien et doivent alerter.

Symptômes Alzheimer
Source infographie – idé

Causes et stades de la maladie

Si l’on cerne encore mal les causes de cette maladie neurodégénérative, on sait qu’elle est provoquée par deux types de lésions du système nerveux central. Progressivement, ces lésions s’étendent à différentes zones du cerveau, rendant l’affection de plus en plus perceptible.

Alzheimer est une maladie aux multiples facteurs, qui ne se résument pas à l’hérédité. La menace augmente nettement avec l’âge : à partir de 65 ans, le risque de développer cette pathologie est doublé.

Causes de la maladie d'Alzheimer
Source frm.org

De nombreux autres facteurs de risque sont aujourd’hui connus, notamment les troubles cardiovasculaires, le diabète ou le surpoids. Les femmes sont davantage touchées, de même que les personnes exposées à la pollution, au tabac, consommant de l’alcool ou certains médicaments, ou victimes de troubles du sommeil. De plus, une alimentation inadaptée, une vie sédentaire et un manque de stimulation intellectuelle augmentent le risque d’apparition de la maladie.

Les symptômes diffèrent selon chacun, mais l’évolution de la maladie se caractérise par 3 grandes étapes :

  • Au stade léger, les déficits concernent la mémoire à court terme : à ce stade précoce, les proches de la personne atteinte peuvent constater certains troubles (oublis d’évènements ou d’actions récentes, difficulté à trouver le bon mot…).
  • Au stade modéré, la personne a besoin d’aide pour certains gestes (se déplacer, gérer son budget, etc.). Les troubles du langage et de la reconnaissance sont accrus.
  • Au stade sévère, l’étendue des lésions du cerveau provoque une perte d’autonomie totale : l’individu ne contrôle plus ses gestes, peut souffrir d’incontinence et n’est plus capable d’interagir avec l’entourage.

Comment soigner la maladie d’Alzheimer aujourd’hui ?

Les soins actuels ont pour objectif de ralentir la progression de la maladie, car il n’existe pas à ce jour de traitement pour la guérir. Quatre médicaments sont disponibles pour traiter les symptômes, mais ceux-ci ne sont plus remboursés depuis Août 2018, leur efficacité ayant été contestée.

Les efforts s’orientent aujourd’hui vers d’autres méthodes : d’abord une prise en charge non médicamenteuse, avec par exemple des moyens de stimulation cognitive ou des séances d’orthophonie. En parallèle, l’accompagnement et le soutien des aidants familiaux sont également jugés essentiels dans le cadre de la maladie.

La prise en charge se fait donc désormais de manière globale, en privilégiant davantage l’approche relationnelle, le respect et le bien-être des personnes concernées. Les malades peuvent être orientés vers plusieurs activités bénéfiques, qui vont ralentir l’évolution de la maladie et contribuer à leur épanouissement : l’art sous toutes ses formes (peinture, théâtre, etc.), la gymnastique douce, les ateliers de mémoire stimulant le cerveau, etc.

Ces soins non médicamenteux aident les malades à mieux communiquer, et viennent faciliter les relations avec les soignants et la famille. Prendre en compte la dignité des malades d’Alzheimer, en les accompagnant de façon bienveillante et le plus tôt possible : une ligne de conduite enfin admise, à l’heure où l’avenir des seniors fait débat dans notre société.

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