peurs nocturnes chez les personnes âgées

Les peurs nocturnes chez les personnes âgées

Au coucher du soleil, les personnes âgées ressentent des peurs, des angoisses nocturnes, un peu comme les nourrissons à l’aube de leurs premiers mois… De nombreux facteurs physiologiques, mais aussi psychologiques sont à l’origine des troubles du sommeil.

Le sommeil évolue avec l’âge

Dès l’âge de 50 à 60 ans, le cycle du sommeil se modifie. Souvent, les personnes âgées se plaignent de moins ou mal dormir.

Elles dorment en moyenne entre 7 et 8 heures par 24 heures, sieste comprise. Le temps de sommeil nocturne diminue et la sieste peut devenir nécessaire. Le temps de sommeil léger s’allonge tandis que les périodes de sommeil profond et paradoxal raccourcissent.

La période d’endormissement est aussi plus longue et plus fréquente car le sommeil nocturne est entrecoupé de périodes d’éveil en raison d’un sommeil plus fragile.

Durée de sommeil personnes âgées

La nuit, source d’angoisse chez les personnes âgées

Bien que les tourments des personnes atteintes de démence ou autres pathologies mentales soient différents, l’angoisse apparaît avec l’âge au moment du coucher. Avant le sommeil, la personne âgée fait face à ce qu’elle occulte plus facilement dans la journée comme les peurs liées aux difficultés de l’âge et sa vulnérabilité. Elles altèrent la qualité du sommeil.

Prenons par exemple le cas d’une femme de 86 ans qui souffre de démence. Durant la journée, cette pathologie la plonge dans un état de confusion. La nuit, ses troubles s’amplifient. Elle est terrifiée par l’obscurité, ne sachant plus ou elle se trouve ni avec qui. Bien que les causes soient physiques, psychologiques ou relatives à une maladie telle qu’Alzheimer, il a été prouvé qu’à la nuit tombée, les personnes âgées étaient terrifiées, en particulier celles qui vivaient seules.

En dehors des villes, une personne âgée, plus isolée, peut également souffrir de peurs nocturnes. Imaginant être à la merci de cambrioleurs, ou qu’une présence indésirable viole son intimité quand elle dort, son sentiment de solitude et de vulnérabilité croît en cas d’urgence. Ces situations engendrent de vraies crises d’angoisse. C’est le cas quand elle se sent en position de ne pouvoir se défendre, en raison de sa position allongée ou de ses mouvements difficiles. Consciente de l’amoindrissement de ses facultés physiques et de sa capacité à se défendre, elle est insécurisée : la peur empêche son repos.

La peur de la mort et de ne pas se réveiller se manifeste aussi avec plus d’acuité : la personne âgée en état d’alerte ne peut lâcher prise pour céder à un sommeil réparateur. Cet état déclenche des troubles physiques comme le besoin de se déplacer, un inconfort, des plaintes et des douleurs.

La présence d’un aidant ou d’une auxiliaire de vie la nuit sécurise et calme les angoisses nocturnes grâce au dialogue et l’écoute. Il permet l’instauration d’un climat apaisant propice au sommeil. La personne âgée passe alors de meilleures nuits.

Facteurs de troubles du sommeil

La modification du cycle du sommeil avec le besoin de sieste en journée conduit la personne âgée à penser qu’elle subit une détérioration de la qualité de son sommeil. Comment explique-t’on ces troubles ?

  • Changements physiologiques liés à l’âge

Le sommeil plus léger et fragmenté, avec la répartition durant la journée de siestes a un impact sur l’organisation temporelle du senior.

  • Inconfort et douleur

L’insomnie cache dans 80 à 90% des cas des problèmes urinaires, de dépression, d’anxiété, d’apnée du sommeil ou de douleurs (mouvement des jambes par exemple). Pour certains souffrant d’une insuffisance cardiaque, la position allongée sera délicate. Pour d‘autres, les douleurs d’arthrose les réveilleront régulièrement. Derrière une plainte portant sur une insomnie, le médecin investiguera la cause altérant le sommeil et dirigera le senior vers le spécialiste approprié.

Il est donc possible de retrouver un sommeil réparateur et de réduire l’angoisse liée au sommeil des personnes âgées grâce à un traitement des causes perturbant leur repos, incluant des changements d’hygiène de vie.

  • Effets secondaires des traitements et fragmentation du sommeil

Autre facteur d’insomnie: les effets secondaires d’autres traitements médicamenteux. Aussi, les problèmes de prostate conduisent un senior à se lever plusieurs fois dans la nuit, fragmentant alors son sommeil.

On estime ainsi que ce n’est pas nécessairement le processus de vieillissement qui perturbe le sommeil des personnes âgées mais les changements physiologiques qui l’accompagnent. À cela viennent s’ajouter les maladies, les troubles psychiatriques et les fluctuations dans les rythmes circadiens.

Peurs nocturnes chez les personnes âgées : solutions et pièges à éviter

Les solutions :

Une prise en charge par le médecin traitant, avec accompagnement d’un professionnel de santé, pour détecter les causes des difficultés du sommeil et leur impact dans la vie du patient âgé. Une consultation en centre spécialisé dans les troubles du sommeil peut être proposée. Elle s’appuie sur un questionnaire, la tenue d’un agenda du sommeil, l’accompagnement dans la diminution progressive et l’arrêt de la prise de somnifères. Les pathologies du sommeil (apnées…) font l’objet d’une prise en charge particulière.

Respecter de bonnes habitudes d’hygiène de vie :

  • régularité des activités en journée
  • activité physique modérée en journée pour mieux s’endormir et limiter l’anxiété
  • pas de prise d’excitants (café, thé, alcool en fin de journée)
  • alimentation saine avec des repas du soir légers comprenant des sucres lents
  • pas d’écrans avant le coucher

Faire appel à une aide à domicile pour une garde de nuit.

Les pièges à éviter:

Indépendamment des recherches médicales et des solutions, les statistiques indiquent que de plus en plus de personnes âgées consomment des médicaments pour vaincre leurs troubles du sommeil. Malgré l’abondance de somnifères sur le marché, ils ne sont pas la meilleure réponse dans leur cas.

En France, et d’après la Haute Autorité de Santé (HAS), 38,6% des personnes âgées de plus de 85 ans prennent des somnifères, soit 660 000 personnes. Ce chiffre est de 27,4% chez les plus de 65 ans. Plus de la moitié de ces traitements ne seraient pas appropriés. Pourquoi ?

Chiffres somnifères france - fondation april
Chiffres somnifères france – fondation april

Le vieillissement entraîne le ralentissement du métabolisme et l’affaiblissement de la résistance. Les interactions des somnifères avec d’autres traitements médicamenteux peuvent provoquer une forte somnolence, une perte d’attention et d’autonomie.

Si des somnifères sont prescrits en cas sévères, il faut être vigilant sur leurs effets secondaires:

  • Confusion, trouble, désorientation, en particulier pour la personne souffrant de maladie d’Alzheimer dont les symptômes peuvent être amplifiés
  • Troubles psychomoteurs, cognitifs (mémoire, compréhension) et de comportement.

La dépendance à ces médicaments étant réelle, le renouvellement du traitement n’est pas automatique et leur sevrage doit être encadré par le personnel de santé.

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