La zoothérapie vise à combattre le mal-être physique, psychologique ou affectif. Elle améliore le bien-être des personnes âgées grâce à des animaux spécialement éduqués, et détourne leur attention de leurs problèmes personnels. Qu’est-ce que la zoothérapie, quels bienfaits peut-on en attendre, quels sont les animaux les plus prisés et comment se déroulent les séances ?

Qu’est-ce que la zoothérapie ?

La zoothérapie, ou médiation animale, est un programme de soins de troubles physiques, psychologiques, cognitifs ou relationnels, tablant sur la relation entre l’homme et l’animal. Soutien en cas de difficulté, apaisement, extériorisation de sentiments, socialisation, modification du comportement : ses effets sont nombreux. En 2016, 90% des Français estimaient que les animaux apportent un grand réconfort aux personnes vivant en maison de retraite, et 96% croyaient aux bénéfices de la zoothérapie. 

Si le lien entre l’homme et l’animal est immémorial, c’est un psychiatre américain, Boris Levinson, qui invente la thérapie assistée par des animaux, alors qu’il observe le lien spontané entre son chien et un jeune patient autiste, brisant l’isolement du jeune malade. La zoothérapie peut être employée pour lutter contre le handicap, les maladies psychiques, cognitives, le cancer et la solitude… Elle parachève l’action de la médecine, le calme d’un animal diminuant l’anxiété, le stress, l’irritation. Celui-ci accepte l’affection, ne juge pas, provoque joie et rires.

Bienfaits de la zoothérapie pour les personnes âgées

Prendre soin de l’animal en veillant à son bien-être engendre un sentiment d’utilité chez une personne manquant de confiance en elle. Instaurer une relation bienveillante, apprendre à maîtriser l’animal tout en le respectant contribuent à une meilleure estime de soi. Le plaisir éprouvé à son contact, lors des caresses, soins ou exercices effectués sous supervision du thérapeute stimulent la mémoire. De même, elle entraîne les capacités motrices d’une personne se déplaçant difficilement, travaillant équilibre, repères dans l’espace et coordination.

La présence apaisante de l’animal et l’observation de son comportement combattent la dépression, la solitude : le temps passé à son contact est animé, distrayant et source d’émotions bienfaisantes. En aidant le senior à se concentrer sur le bien-être de l’animal et à cultiver son lien avec lui, la zoothérapie lui procure motivation et récompense, reléguant ses problèmes personnels au second plan et abaissant son anxiété. L’apaisement mental l’aide à supporter certains traitements douloureux qui peuvent le rendre nerveux ou provoquant de la peur.

Ce bien-être a des conséquences positives sur l’humeur de la personne âgée, sa santé cardiovasculaire, mentale et affective. La zoothérapie est utilisée pour améliorer l’état de malades d’Alzheimer, en stimulant la communication non-verbale, la vue et le toucher.

Enfin, la présence de l’animal permet à des personnes de discuter confortablement, dans la bonne humeur et avec attention. Le lien social créé, même entre personnes ne se connaissant pas, rompt l’isolement des personnes communiquant difficilement. 

Déroulement d’une séance de zoothérapie avec des personnes âgées

Les séances peuvent avoir lieu en maison de retraite et en EHPAD, en fermes pédagogiques et à l’hôpital. Elles peuvent être individuelles ou en petits groupes travaillant à un objectif. Les séances sont par exemple orientées sur la prévention de la solitude, de la dépression et du repli sur soi. Des ateliers abordent les risques de chutes, en travaillant l’équilibre avec un chien, la perception des distances et de l’espace, la coordination des mouvements… La zoothérapie participe aussi à la prévention des problèmes de mémoire, de langage et de raisonnement.

Les séances régulières durent environ une heure et ont un objectif. Elles valorisent le patient pour préserver sa motivation, en toute bienveillance. Après la présentation de tous, animaux compris, les patients vont progressivement au contact de l’animal, en réalisant des exercices avec lui. Au fil des séances, ils sont plus complexes. Puis les participants reconduisent les animaux dans leur box de transport. Vient le temps de la discussion pour verbaliser les ressentis. Pour encourager le partage, le thérapeute peut recourir au jeu. Il pousse les participants à être actifs, jouant sur la corde sensible du patient pour l’animal. Souvent, les participants projettent leurs propres émotions sur l’animal, permettant au thérapeute de comprendre leur état d’esprit et leurs blocages. Le thérapeute écoute, observe les interactions de chacun avec les animaux et entretient leur intérêt. Il débriefe ensuite l’établissement sur le déroulement de la séance et son analyse.

La médiation par l’intermédiaire de l’animal est une aide précieuse pour de nombreuses personnes dépendantes. Celles-ci reprennent confiance, sortent de l’apathie en s’intéressant à nouveau à leur quotidien.

Les animaux les plus utilisés en zoothérapie

Certains animaux éveillent la curiosité. Ils sont favorisés pour engager une zoothérapie. C’est le cas du cheval, en raison de sa sensibilité et de son empathie mettant les patients en confiance. Le thérapeute pratiquant l’équithérapie est un équicien (professionnel de la médiation équine) diplômé.

Le chien possède des qualités appréciées des personnes souffrant d’un handicap pour lesquelles un travail en profondeur est préconisé. Il est docile, réactif et sensible aux réactions humaines. Le chat est apprécié pour son calme et sa douceur, bénéfique aux personnes âgées.

La zoothérapie peut être pratiquée dans l’eau avec les dauphins : la delphinothérapie se fonde sur la stimulation du ressenti sensoriel. Elle est préconisée dans le cas de nombreuses pathologies mentales et psychiques.

Les petits rongeurs peuvent stimuler la mémoire, raviver les souvenirs d’enfance. Ils sont rassurants et procurent de la douceur par leur comportement et leur nature.

D’autres animaux peuvent aider à soigner : animaux de la ferme, lamas, mais aussi poissons et oiseaux.

Le zoothérapeute est un professionnel de santé, de la psychologie, de l’éducation ou du paramédical. Il est formé à des techniques spécifiques et aux besoins des animaux qu’il utilise pour soigner. Il veille à leur respect, qu’il forme et ne force jamais. Il connaît les spécificités de leur espèce, sait les protéger pour éviter qu’ils soient mis en danger et jamais contraints. Il y va non seulement de leur bien-être mais également du bien fondé de la zoothérapie, dont le succès s’appuie sur le respect entre l’humain et l’animal.

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